Disparition d'Estelle Mouzin : Michel Fourniret relance l'enquête

04 juin 2019

Le tueur en série et son ex-épouse Monique Olivier ont tous deux évoqué l'affaire séparément devant une juge d'instruction, rapporte « 20 Minutes ».

Depuis 2007, Michel Fourniret n'était plus mis en cause dans l'affaire de la petite Estelle Mouzin, disparue en 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne. Le nom de Fourniret avait été à de nombreuses reprises évoqué, mais en vain, jusqu'à ces derniers mois, rapporte le journal 20 Minutes.

Spontanément, Monique Olivier aurait évoqué de nouveau l'affaire le 5 février dernier, alors qu'elle faisait face à la juge d'instruction Sabine Khéris. Interrogée sur les disparitions de deux autres jeunes femmes, Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce, l'ex-épouse de l'Ogre des Ardennes se met alors à parler d'Estelle Mouzin. Elle motive même son intention, « compte tenu du temps qui passe et pour aider les familles des victimes », relate 20 Minutes.

« Quelque chose à creuser »

C'est ensuite au tour de Michel Fourniret en personne d'évoquer l'affaire, un peu plus d'un mois après, le 14 mars, toujours face à la juge Sabine Khéris. Évasif comme souvent, il mêle cependant la disparition de Joanna Parrish à celle de la fillette de 9 ans, expliquant qu'il les a toutes les deux « croisées », sans pour autant se souvenir où, car il a « le cul merdeux ». Mais il y aurait pour lui « quelque chose à creuser ».

Les allégations de Michel Fourniret donnent toujours lieu à des interrogations. Mais, dans ce cas précis, le corps de Joanna Parrish a bien été retrouvé dans l'Yonne en 1990 et la fameuse zone « à creuser », un terme à ne pas prendre à la légère, pourrait désigner une carrière de sable se situant à côté, près de Clairefontaine (Yvelines). Le tueur en série avait déjà évoqué l'endroit en 2018, lors de son dernier procès.

Reprise du dossier par Paris

La juge Sabine Khéris n'étant pas chargée de cette affaire, elle ne peut pour l'instant rien y faire. Selon les informations de 20 Minutes, la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, aurait fait une demande de transfert du dossier, de Meaux à la capitale, pour y remédier. « Il faut que ça aille vite maintenant, demande de son côté Éric Mouzin, le père d'Estelle. Il est plus que temps de faire les vérifications nécessaires. » Son avocate avait déjà estimé que « la piste Fourniret n'a pas été sérieusement explorée » en 2006, alors que le nom de Michel Fourniret était réapparu.

Des zones dans les Yvelines avaient déjà été fouillées par les enquêteurs sans succès en 2018, mais les fouilles pourraient donc reprendre. Les déclarations des anciens époux sont prises très au sérieux. En 2004, les aveux de Monique Olivier à la police belge avaient conduit à ceux de Michel Fourniret dans plusieurs affaires. Pour le moment, l'Ogre des Ardennes a été condamné pour la mort de huit femmes et petites filles, mais il pourrait y avoir encore de nombreuses victimes.

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article